L'intégration des NTIC dans l'enseignement du français

     Les professeurs de français se plaignent souvent du niveau des élèves en langue française. Lorsqu'on parle de nos élèves dans la salle des professeurs ou ailleurs, j'entends très souvent des phrases du genre « les élèves sont trop faibles en français » ; « Ils ne savent même pas écrire correctement une phrase » ; « Ils ne distinguent pas entre un verbe et un adjectif » ; « Ils ne lisent pas » …etc.
     Ceci est vrai. Cependant, il ne faut pas s’arrêter à ce discours négatif. Il ne faut pas rester les bras croisés devant cette situation alarmante. Il faut chercher les causes de cette faiblesse, cerner les lacunes et surtout trouver le remède adéquat à cette défaillance.
Les raisons de cette asthénie chez nos élèves sont multiples : causes sociales, familiales, pédagogiques, financières, géographiques, psychologiques….  Généralement, lorsqu’on évoque les causes, tout le monde se met à accuser tout le monde et on n’en sort pas.
     Personnellement, je pense que, lorsqu’on est professeur et quand on est face à des élèves faibles et / ou démotivés, il faut réagir positivement.
Ils sont là, devant moi, et ils sont faibles, paresseux, insolents et même agressifs. Que dois-je faire pour les inciter à travailler, pour les conduire à la réussite, pour les pousser à apprécier Lamartine, Baudelaire et Verlaine ? La mission semble impossible et l’année scolaire prend l’aspect d’une torture pour certains. Pourtant, la réponse à cette question est toute simple. Il suffit d’être pédagogue et d’appliquer l’art de l’enseignement. Il suffit d’être l’enseignant que l’on est sensé être : un détenteur de savoir généreux et compatissant. Le caractère humain de l’enseignant et la maîtrise de la matière enseignée atténuent l’agressivité des élèves, émoussent leur insolence, éveillent leur dynamisme et les forcent à suivre le cours.
     Avec l’avènement des nouvelles technologies dans l’enseignement, d’autres horizons s’ouvrent devant les enseignants. L’image, l’animation, le son, le film, l’interactivité, les objets en 3D, les personnages virtuels, …tout cela ne peut qu’améliorer le cours, le simplifier, le rendre plus accessible à l’élève le plus paresseux.
Si l’on réussit un cours avec un morceau de craie et un tableau noir, l’intégration des NTIC ne pourra être qu’une grande réussite. Imaginez un instant toutes les possibilités qui s’offrent à l’enseignant grâce à l’outil informatique. La quasi totalité des rêves pédagogiques devient possible et facilement réalisable.
     Personnellement j’ai réalisé plusieurs séances de ce genre avec mes élèves et, croyez-moi, ça a marché.

     Dans l’une des séances d’intégration des NTIC dans l’enseignement du français avec des élèves de 7ème année de base, j’ai inséré un personnage de dessin animé en 3D ( un lapin ) qui gesticule et qui leur parle des règles de l’accord du participe passé ensuite j’ai proposé des exercices interactifs. Le résultat a été éblouissant : tous les élèves ont fait correctement les exercices et ont appris par cœur ce que le petit lapin a dit.
Un autre exemple dont je me souviens bien : J’ai quelques élèves qui n’apprennent jamais la récitation. Alors j’ai réfléchi à ce problème et j’ai trouvé la solution suivante : J’ai pris la photo du dernier de la classe, je l’ai scannée, je l’ai animée et je lui ai ajouté un fichier sonore ( vous avez deviné, c’est bien la récitation que j’ai donnée ) avec un accent parisien impeccable. Résultat : l’élève en question n’en revenait pas. Il s’est vu dans le personnage qu’il est sensé être. Le lendemain, tous les élèves, sans exception, ont récité correctement la récitation.
Lorsqu’on maîtrise l’outil informatique, les idées ne manquent pas et on peut vraiment faire des miracles.
     Le tour de force réside dans l’utilisation pédagogique de l’ordinateur.
Par ailleurs, l’enseignant lui-même se voit impliquer dans l’opération pédagogique. Il n’est pas obligé de suivre à la lettre ce qu’on lui propose dans les guides méthodologiques ou autres manuels pour enseignants. Il est tout à fait libre de choisir les étapes de son cours sans perdre de vue l’objectif auquel il va aboutir. L’enseignant n’est plus un simple agent qui exécute des ordres, il devient vraiment maître de sa classe et mène son cours selon les spécificités de la région où il enseigne, selon le niveau de ses élèves, selon l’objectif visé, …etc.

 Mohsen BOUALI 
Professeur de français
École préparatoire Ali Kalsadi - Béja

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