Intégration des
TIC dans l’enseignement de l’ économie
(par Mme Mounira Mahfoudh)
– Introduction
– Les
objectifs recherchés
– Les conditions pour une exploitation efficace des TIC en économie
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La révolution des technologies
de l’information et de la communication (TIC) s’étend à tous les domaines et
pose de nombreux défis aussi bien sur le plan technologique que sur le plan
économique, culturel et pédagogique.
Le dernier rapport mondial sur le développement humain de l’année 2001 a donné
une place prépondérante aux TIC et a montré leur relation avec le développement
humain. Ce rapport comporte pour la première fois un indicateur de développement
technologique (IDT) qui permet de classer les pays en fonction de leur aptitude
à développer des technologies et à les exploiter. « A l’ère des réseaux, tout
pays qui ne parvient pas à utiliser efficacement la technologie risque de voir
son niveau de développement humain reculer et de se retrouver en marge de
l’économie mondiale. ». Le rapport souligne que les nouvelles technologies ne
constituent pas un outil exclusivement au service de la rentabilité mais que
leur légitimité se construit à partir de la dimension humaine.
L’enseignement ne peut donc rester à la marge de cette révolution. L’utilisation
de ces nouvelles technologies constitue, aujourd’hui, sans aucun doute, un moyen
de grande importance pour améliorer la qualité de l’enseignement en général et
de l’enseignement de l'économie en particulier.
Mais, la rapidité extrême de l’évolution des TIC conduit les utilisateurs à
s’inquiéter car le sens de leur évolution leur échappe. Confrontés à des
situations éphémères et en mouvement, ils ont besoin de repères pour inscrire
leur action dans la durée. Par ailleurs, d’autres craintes sont suscitées par
ces nouvelles technologies. D’ailleurs, le rapport mondial sur le développement
humain rappelle les méfiances à l’égard des nouvelles technologies qui peuvent
constituer un facteur d’exclusion au lieu d’être un instrument de progrès. La
solution réside selon le rapport, « dans une gestion intelligente des
innovations technologiques à travers des politiques visant à mettre au service
des plus défavorisés ces nouvelles technologies »
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1)
L’information et la documentation
L’économie ne cesse d’être en mouvement : Aussi bien sur le plan
micro que sur le plan macro-économique, les phénomènes économiques connaissent
des changements perpétuels. Par ailleurs, l’économie nationale dépend de
l’économie du reste du monde : Aucun pays ne peut vivre en autarcie. Tout pays,
quelque soit l’étendue de son territoire, la disponibilité de ses richesses ou
le degré de son développement, doit entretenir des relations avec l’étranger. Le
marché national doit tenir compte de l’environnement international. Il doit
avoir la possibilité d’accéder rapidement à une information crédible et fiable.
L’enseignement de l’économie doit donc tenir compte de ces réalités. Les
enseignants se doivent d’être informés rapidement de l’évolution économique
aussi bien sur le plan national qu’ international.
Les TIC fournissent aux enseignants et aux élèves un accès rapide et économique
aux connaissances les plus diversifiées à partir de :
• CD Rom : en économie plusieurs sont disponibles mais assez coûteux
• Courrier électronique
• A partir de forums de discussion
• En naviguant sur Internet : la navigation sur Internet donne un accès
instantané à l’information. A ce niveau, l’enseignant est plus rassuré dans la
mesure où il peut accéder à l’information rapidement et d’une manière
instantanée. Les documents sont de meilleure qualité car ils sont plus récents.
Les fortes potentialités de l’Internet en matière de banque de données
disponibles permettent de constituer pour l’enseignant d’économie une vaste
bibliothèque et de ce fait, il pourra actualiser et compléter ses connaissances.
Il pourra sélectionner parmi un très grand nombre de documents ceux qui lui
paraissent les plus appropriés. Toutefois, certains risques ne doivent pas être
négligés : le volume d’informations disponibles en ligne est très abondant ; La
collecte des informations devient une tâche complexe .
2) La communication
Les TIC constituent un outil exceptionnel pour assurer un meilleur enseignement
: mieux communiquer, mieux diffuser le savoir, accéder plus facilement à des
cultures éloignées, etc. Elles ouvrent des possibilités de collaboration entre
enseignants, entre élèves ainsi qu’ entre enseignants et élèves qui deviennent
affranchis des contraintes de distance et de temps. En outre, ils pourront
accéder en temps réel sans contrainte de localisation ni de déplacement à une
masse sans cesse croissante d'informations composées de textes, d’images et de
sons. Le courrier électronique favorise la communication dans le monde entier et
permet de recevoir des réponses immédiates. A travers les adresses
électroniques, les enseignants pourront s’échanger des documents, des points de
vue sur des questions ; ils pourront aussi s’échanger des épreuves d’examen par
exemple. De même, les TICE offrent l’occasion aux élèves de travailler ensemble.
3) La production de ressources pédagogiques (cours,
activités, exercices, devoirs, etc.)
Au niveau de la production, les TIC facilitent la préparation des cours et des
documents pédagogiques nécessaires à l’enseignant et aux élèves. L’exploitation
en économie de la schématisation animée grâce au logiciel PowerPoint par
exemple, permet une meilleure assimilation des savoirs et des savoir-faire par
les élèves. Elle constitue donc un procédé pédagogique pertinent.
L’enseignant pourra différencier sa pédagogie grâce à cette immensité de
l’information dont il dispose. Il peut choisir sa documentation en fonction des
objectifs du programme, du niveau de ses élèves et de leurs besoins.
Par ailleurs, l’impact positif est aussi ressenti au niveau de la présentation
matérielle du cours et des devoirs qui deviennent d’une plus grande lisibilité
et plus attrayants. L’effet psychologique n’est pas négligeable (gain de temps
et plus grande concentration de l’élève).
4) Outil pour se libérer des tâches fastidieuses
es TIC génèrent des économies de temps en raison de la rapidité d’exécution qui
les caractérisent (calcul, graphique, etc.) ; de ce fait, l’élève peut se
libérer des calculs fastidieux ou des représentations graphiques délicates pour
se consacrer à la réflexion c’est-à-dire à l’analyse des faits, à
l’interprétation des résultats obtenus, à la recherche de corrélation entre des
phénomènes, etc. A cet égard, l’outil informatique rend des services très
précieux.
Pour l’enseignant, l’informatique lui permet aussi d’alléger ses tâches telle
que l’utilisation abusive du tableau, les tracés à la main par exemple.
5) Moyen pour développer l'autonomie de l’élève
Les élèves ne peuvent plus rester passifs ; ils doivent participer à la
construction de leur savoir. D’ailleurs rien ne se passe avec l’utilisation des
TIC si l’élève n’agit pas. « L’ordinateur est d’une infinie patience : il
attend. ».
Ce système favorise aussi l’autonomie dans la démarche de formation : autonomie
de rythme, droit de se tromper, aide, etc. L’élève pourra, sans l’aide de son
professeur, savoir si la réponse à la question posée est correcte ou fausse
grâce à l’ordinateur équipé qui devient un tuteur interactif. C’est ainsi, qu’il
va acquérir progressivement une aptitude à l’auto apprentissage. Les TIC
permettent, en effet, d’établir un diagnostic et de corriger une production
immédiatement sans intervention directe de l’enseignant. C’est ainsi que des
exercices interactifs d’ailleurs assez variés sont élaborés dans cet objectif.
Les TIC permettent aussi une utilisation constructive des erreurs. Pour rédiger
une dissertation économique, l’élève doit maîtriser la langue française pour ne
pas commettre des fautes de grammaire, de conjugaison, des contresens ou des
paraphrases. Le français, en tant qu’outil de travail utilisé par les élèves en
économie, peut s’améliorer de structure et d’orthographe grâce à l’outil
informatique. « Le dictionnaire informatique » contribue à améliorer la qualité
du français. En outre, l’erreur est identifiée ; et un parcours approprié et
adapté est alors proposé si bien que l’erreur devient un des moyens les plus
efficaces de progresser. Se tromper devient un facteur de progrès et un moyen
d’apprendre.
L’apport des TIC est par conséquent bénéfique et présente l’avantage de motiver
l’apprenant, de faciliter son assimilation et de faire gagner du temps.
CONDITIONS POUR UNE EXPLOITATION EFFICACE
DES TIC EN ECONOMIE
Une exploitation efficace des
nouvelles technologies nécessite notamment une maîtrise de l’outil informatique,
une définition précise des besoins à satisfaire, une nouvelle approche
pédagogique et des moyens matériels et financiers.
1) Une bonne maîtrise de l’outil informatique
L’évolution rapide des technologies nécessite la maîtrise des outils par les
élèves et surtout par les enseignants afin de connaître les possibilités
offertes par l’informatique mais aussi ses limites. La formation des professeurs
a déjà été entamée. Il est apparu nécessaire, dans une première étape, de
disposer d’une assistance spécialisée Mais, cette formation doit se poursuivre.
En effet, un processus de formation continue pour améliorer les compétences sur
le plan de l’utilisation du matériel, des logiciels et sur le plan pédagogique
doit être mis en place. Cette formation ne saurait suffire si l’ enseignant ne
consolide pas lui-même ses acquis. Il doit donc s’investir dans l’auto
formation.
2) Définition des besoins pédagogiques
L’informatique n’est pas une fin en soi pour l’enseignement de l’économie. Elle
est plutôt un moyen permettant de réaliser les objectifs des programmes dans de
meilleures conditions et d’une façon efficace. Il importe, par conséquent,
d’éviter les risques de dérapage et l’usage abusif de l’outil informatique aux
dépens de la réalisation des objectifs des programmes d’économie. Il revient à
l’enseignant de doser l’utilisation de l’informatique en fonction de ses
objectifs et des contraintes existantes.
3) Evolution des méthodes pédagogiques
L’utilisation des TIC implique une nouvelle approche des savoirs, une nouvelle
démarche éducative, et par là même, de nouvelles relations entre le professeur
et l’élève. Les stratégies pédagogiques doivent évoluer avec l’adoption des
nouvelles technologies.
• Nouveau rôle de l’enseignant :
Avec l’intégration des TIC, certains croient que le rôle de l’enseignant n’est
plus aussi important qu’auparavant. S’il est vrai qu’il n’est plus le seul
détenteur du savoir, son rôle reste malgré tout incontournable. Il doit faire
connaître à ses élèves les différentes sources d’information. Il doit les guider
dans le repérage, la sélection et l’analyse de l’information. Il doit les
conseiller, valider leur production pour une éventuelle publication, etc.
Ce nouveau rôle nécessite une révision des méthodes pédagogiques utilisées. Il
doit donc travailler autrement avec ses élèves afin de bien connaître leurs pré
requis, canaliser leurs connaissances et les corriger s’il y a lieu. Il ne
s’agit plus d’assurer un cours théorique qui risque d’engendrer le
désintéressement de l’élève mais de l’impliquer par une recherche personnalisée.
L’approche d’un concept se fait par une manipulation des données et par une
simulation. De nouvelles compétences sont donc exigées pour l’enseignant
d’économie, compétences qui s’imposent pour mener à bien sa mission.
• Nouveau rôle de l’élève :
Il doit consulter l’information, la traiter, l’analyser et la synthétiser. Il
doit développer un sens critique devant l’information. Son comportement en
classe n’est plus le même. Il doit renouer avec la créativité. Etre créatif
c’est pouvoir épanouir sa personnalité. C’est aussi avoir la capacité d’user de
comportements nouveaux et de produire des œuvres nouvelles. En utilisant le
matériel informatique en tant qu’auxiliaire pédagogique, l’élève pourra sortir
du cadre classique de l’apprenant pour créer son propre savoir et savoir-faire.
D’ailleurs, il est prouvé que l’on apprend plus par la participation que par la
lecture ou l’écoute d’un cours. L’exploitation des nouvelles technologies
capables de présenter des textes, des images, des animations et des sons de
manière intégrée permet de susciter l’intérêt de l’élève. Elle lui permet aussi
de suivre un apprentissage qui s’adapte à son rythme.. En outre, elle forme
l’élève au travail en groupe pour réaliser une production.
Il est indéniable qu’un environnement aussi varié et stimulant permet
d’améliorer les conditions d’acquisition des connaissances de l’élève.
• L’interdisciplinarité :
La diversité de l’information permet d’aborder des domaines de connaissances
sous différents angles. L’utilisation des TIC favorise la disparition des
frontières entre les disciplines (exemple : entre l’économie, l’histoire, la
géographie, la gestion, les mathématiques, la statistique et d’autres sciences)
et permet à l’élève d’avoir des perspectives plus larges pour traiter des
questions économiques.
4) Moyens matériels et financiers
L’équipement de chaque salle de classe avec des ordinateurs multimédia s’impose.
De même, l’acquisition de logiciels et de CDROM éducatifs permettrait de
contribuer à améliorer l’enseignement.
Par ailleurs, il importe de limiter le nombre d’élèves par classe. En outre, il
serait souhaitable de prévoir des séances de TP où la classe sera dédoublée afin
de permettre à chaque élève de disposer d’un outil informatique et de développer
ainsi son autonomie.